L'Institution

L'École de Brazzaville et le Programme de recherche de la Science Métamoderne

« La Science Métamoderne n'est pas d'abord un ensemble de connaissances ; elle est une méthode d'institution durable de l'intelligibilité. »

L'objet unique — l'Intelligibilité

L'École de Brazzaville a pour objet unique et souverain l'Intelligibilité elle-même.

Elle ne se substitue à aucune science particulière. Elle ne juge pas, ne remplace pas et ne valide pas les disciplines scientifiques constituées. Elle reconnaît pleinement leur autonomie, leurs méthodes propres et leurs résultats.

Son objet est d'un autre ordre. Elle cherche à mettre au jour les structures générales d'intelligibilité qui semblent traverser les processus de découverte, indépendamment des objets particuliers étudiés par chaque discipline. Elle formalise et restitue les conditions géométriques, cybernétiques et rationnelles qui rendent simultanément possibles :

  • L'apparition des phénomènes ;
  • Leur compréhension par l'esprit humain ;
  • La connaissance cognitive que nous en prenons ;
  • L'articulation des savoirs entre disciplines.

Cette démarche ne constitue pas une discipline supplémentaire venant s'ajouter à la fragmentation académique. Elle est une nouvelle architecture de la pensée et un Organon de réintégration. Elle ne se contente pas de décrire les conditions de possibilité des savoirs (épistémologie descriptive) ; elle fournit au chercheur — quelle que soit sa discipline — un Canon de reconstruction lui permettant de remonter activement de ses anomalies vers les principes qui les rendent possibles.

Formule canonique de démarcation

« Le métamodernisme culturel cherche à dépasser le conflit entre l'unité et la multiplicité ; la Science Métamoderne cherche à comprendre ce qui rend possible leur intelligibilité commune. »

Cette distinction opère par changement de niveau logique (au sens de la théorie des types de Bertrand Russell et de la systémique de Pierre Delattre) :

  • Le métamodernisme culturel reste à l'intérieur de la tension (niveau phénoménal) ;
  • La Science Métamoderne s'extrait de l'oscillation pour en modéliser la mécanique (niveau principiel).

L'architecture institutionnelle à sept niveaux

Conformément à la Constitution Scientifique de l'École de Brazzaville, le Programme de recherche s'organise selon une architecture constitutive à sept niveaux, chacun répondant à une fonction spécifique dans l'élaboration, la transmission et le développement de la connaissance :

Niveau 0

La Constitution scientifique

Fonction :
Règles normatives suprêmes
Question fondamentale :
Comment une connaissance acquiert-elle son droit de cité scientifique ?

La Constitution Scientifique définit les règles fondamentales qui gouvernent la production, la validation et la transmission du savoir. Elle constitue le niveau normatif suprême. Elle ne promet ni révélation définitive ni autorité particulière. Elle définit une exigence de travail.

« Ne rien imposer. Laisser les choses s'imposer d'elles-mêmes par la seule puissance du raisonnement. »

Niveau I

La Science Métamoderne

Fonction :
Théorie générale de l'intelligibilité
Question fondamentale :
Que cherchons-nous à comprendre ?

La Science Métamoderne est la théorie générale de l'intelligibilité, gouvernée par la Constitution méthodologique. Elle formalise et restitue les conditions qui rendent simultanément possibles l'apparition des phénomènes, leur intelligibilité et la connaissance que nous en prenons.

Elle applique l'équation systémique :

Elle démontre comment le Substratum Commun (Σ), altéré par le Voile Ontologique (V) et le Filtrage institutionnel (F), peut être mathématiquement recalculé et restauré par la Méthode Reconstructive (M).

Σ = M(F(V(Σ)))

Niveau II

Le Programme de recherche de Brazzaville

Fonction :
Horizon scientifique
Question fondamentale :
Quelles sont les questions ouvertes ?

Le Programme de recherche définit les grands problèmes scientifiques, les hypothèses directrices et les orientations. Il est toujours plus vaste que ce qui est déjà démontré. Il constitue l'horizon scientifique.

Le Programme comporte plusieurs chantiers théoriques dont les démonstrations seront publiées progressivement à mesure qu'elles atteindront le degré de formalisation et de vérification exigé par ses propres principes méthodologiques, et selon le rythme où la communauté scientifique sera en mesure de les recevoir et de les éprouver.

Ces axes ne constituent pas des promesses dogmatiques. Ils définissent des terrains d'application où la Méthode M est appelée à déployer ses protocoles de recherche :

  • Les sciences du vivant (mécanismes de régulation cellulaire, réplication virale, loi organogénétique) ;
  • La physique fondamentale (phénomènes nucléaires, limites de l'univers matériel) ;
  • Les sciences de la complexité (transformations de la matière et répercussions sur le biotope) ;
  • La théorie de l'information (modélisation des flux de connaissance).

Niveau III

L'Institut de Brazzaville

Fonction :
Infrastructure scientifique
Question fondamentale :
Comment cette recherche est-elle organisée ?

L'Institut constitue l'infrastructure scientifique du Programme. Il organise les recherches, les publications, les archives, les formations, les colloques, les partenariats scientifiques et les laboratoires.

L'Institut exerce un monopole de contrôle et de certification sur le Noyau Démontré de la Science Métamoderne. Il est le seul habilité à sceller les concepts structurels stabilisés et à valider les protocoles de remontée reconstructive.

Niveau IV

L'École de Brazzaville

Fonction :
Communauté vivante
Question fondamentale :
Qui fait vivre cette recherche ?

L'École désigne la communauté des chercheurs qui participent librement au Programme de Recherche. Elle ne repose sur aucune adhésion personnelle. Elle repose uniquement sur l'acceptation d'une même discipline intellectuelle : primauté de la démonstration, discussion critique permanente, stabilité du vocabulaire, distinction entre hypothèse, démonstration et programme, révision continue des concepts.

L'École n'est donc pas une doctrine. Elle est une communauté de recherche.

Niveau V

L'Organon (Les Principes Retrouvés)

Fonction :
Premier traité systématique
Question fondamentale :
Qu'avons-nous effectivement démontré ?

L'Organon constitue le premier traité systématique du Programme. Il n'en représente ni l'achèvement ni la limite, mais le premier corpus fondateur à partir duquel pourront être développées de nouvelles recherches.

Les Principes Retrouvés (Tome I : L'Organon ; Tome II : Le Laboratoire Juridique) constituent le Noyau Démontré de la Science Métamoderne. Ils établissent l'axiomatique pure, le Canon de la Découverte en sept principes, le Théorème de la Validité Inversée et la codification de la Proactivité Judiciaire Encadrée.

Niveau VI

Le Corpus scientifique

Fonction :
Mémoire génétique
Question fondamentale :
Qu'est-ce qui est scientifiquement stabilisé ?

Le Corpus rassemble de manière étanche les travaux validés issus du Programme. Il n'accueille aucune anticipation, aucun résultat non stabilisé. Il constitue la mémoire démontrée de l'École.

Le Corpus comprend les ouvrages fondateurs, les Working Papers, les développements doctrinaux, les concepts structurels stabilisés, les applications disciplinaires et les actes de colloques.

Ces sept niveaux ne sont pas juxtaposés. Ils forment un seul mouvement organique, analogue aux fonctions vitales d'un organisme vivant :

  • Le Programme est l'ADN qui oriente.
  • L'Institut est l'organisme qui porte.
  • L'École est la communauté vivante qui transmet.
  • Le Corpus est la mémoire génétique qui conserve.

Le Principe de Souveraineté du Démontré

Le Principe de Souveraineté du Démontré constitue le premier article de la Constitution Scientifique de l'École de Brazzaville. Il s'énonce ainsi :

Principe de Souveraineté du Démontré

Dans la Science Métamoderne, le Programme de recherche peut être plus vaste que le Corpus.

Les hypothèses peuvent précéder les démonstrations.

Les intuitions peuvent orienter les recherches.

Les perspectives peuvent ouvrir de nouveaux champs d'investigation.

Mais aucune proposition ne devient constitutive du Corpus tant qu'elle n'a pas atteint le degré de démonstration exigé par la Constitution méthodologique de la Science Métamoderne.

Ainsi, la croissance du savoir ne dépend ni de l'autorité de son auteur, ni de l'ancienneté d'une intuition, ni de la force d'une conviction.

Elle dépend exclusivement de la qualité de sa démonstration, de sa résistance à la critique et de son intégration progressive dans un corpus scientifiquement stabilisé.

Ce principe est redoutable. Il protège définitivement l'École contre toute accusation de dogmatisme. Il interdit à tout censeur de reprocher de ne pas avoir tout publié : ce qui n'est pas dans le Corpus n'y est pas parce qu'il n'a pas encore satisfait aux exigences de la Constitution, non parce qu'il n'existe pas.

Toute découverte scientifique possède deux temporalités distinctes :

  • Le temps de sa démonstration, qui dépend du travail scientifique ;
  • Le temps de sa réception, qui dépend de l'histoire des communautés savantes et des conditions historiques, culturelles et cognitives de sa transmission.

Une science durable doit posséder une théorie de la publication aussi rigoureuse que sa théorie de la découverte.

Le Privilège Optique de Brazzaville

Penser la refondation de l'intelligibilité depuis Brazzaville et l'Afrique subsaharienne ne constitue pas un repli identitaire, mais l'affirmation d'un Privilège Optique partagé par une lignée de précurseurs sur les cinq continents.

Écrit depuis Brazzaville, ce travail ne revendique aucune centralité géographique. Le locus énonciatif du Fronton n'est pas un grief identitaire ; il est un privilège optique, une position de moindre adhérence cognitive aux routines positivistes des centres académiques dominants. L'universel n'a pas de centre. Il se démontre par la nécessité interne de sa structure.

La désoccidentalisation méthodologique opérée ici n'est pas une démarche identitaire ou militante ; elle est strictement épistémologique. Elle vise à arracher les fondements rationnels endogènes au folklore pour restituer leur portée logico-mathématique originelle.

L'Universalité de la Lignée des Précurseurs

En s'appuyant sur les ruptures épistémologiques de René Thom (France), Pierre Delattre (Belgique), Jean-Paul Benzécri (France), Claude Bernard (France), Georges Duhamel (France), Jules Carles (France), Thomas Kuhn (États-Unis), Ludwig von Bertalanffy (Autriche), Samir Amin (Égypte/France), Cheikh Anta Diop (Sénégal), Jan Assmann (Allemagne) et Théophile Obenga (Congo), cette démarche s'assimile à ces esprits qui, d'Europe en Amérique, de l'Inde à l'Afrique, ont su identifier les angles morts du réductionnisme.

Ce n'est pas la position géographique qui donne la vue. C'est la moindre adhérence cognitive aux routines positivistes, une posture partagée par tous ces savants à travers les cinq continents.

Les autorités de convergence épistémologique

Dans le champ de l'épistémologie et de la systémique :

René Thom (France)

Pour sa critique de la misère théorique et la modélisation des catastrophes.

Pierre Delattre (Belgique)

Pour la théorie générale des systèmes ouverts et la distinction entre syntaxe mathématique et sémantique conceptuelle.

Jean-Paul Benzécri (France)

Pour la réhabilitation de l'induction a posteriori libérée des prénotions arbitraires.

Claude Bernard (France)

Pour l'exigence de l'idée directrice préalable et la découverte du milieu intérieur.

Georges Duhamel (France)

Pour la vigilance à l'égard de l'aliénation par le machinisme et la routine technique.

Thomas Kuhn (États-Unis)

Pour la structure des révolutions scientifiques et les changements de paradigmes.

Ludwig von Bertalanffy (Autriche)

Pour la théorie générale des systèmes.

Dans le champ des sciences du vivant et du transformisme :

Jules Carles (France)

Pour son œuvre majeure Le Transformisme, qui a fourni les bases conceptuelles permettant, dès 1988-1989, la formulation de la loi organogénétique réconciliant les héritages lamarckien et darwinien sous le concept de Lamarco-darwinisme.

Dans le champ de la décolonisation épistémique et de la réhabilitation des matrices endogènes :

Samir Amin (Égypte/France)

Pour la déconstruction de l'eurocentrisme épistémique.

Cheikh Anta Diop (Sénégal)

Pour l'unité épistémologique de l'Afrique et la réhabilitation des matrices scientifiques de Kemet.

Jan Assmann (Allemagne) et Théophile Obenga (Congo)

Pour la réhabilitation de la Maât comme opérateur logique universel de non-contradiction structurelle.

La démarche épistémologique

La Science Métamoderne applique l'équation systémique :

Σ = M(F(V(Σ)))

Elle démontre comment le Substratum Commun (Σ), altéré par le Voile Ontologique (V) et le Filtrage institutionnel (F), peut être mathématiquement recalculé et restauré par la Méthode Reconstructive (M).

Dans le champ de la régulation des systèmes complexes, de la justice et de l'équité procédurale, l'équation universelle se transpose sous sa forme anthropologique et cybernétique originelle :

Maât = M(F(V(Maât)))

Cette transposition n'est pas une analogie poétique. Elle est la démonstration que les principes qui gouvernent l'intelligibilité du réel gouvernent également l'intelligibilité des systèmes normatifs. La Maât, réhabilitée hors de toute assignation folklorique et adossée aux travaux de Jan Assmann et Théophile Obenga, est l'opérateur universel de non-contradiction structurelle.

La démarche épistémologique obéit au Canon de la Découverte en sept principes :

  1. 1.

    Vocation : L'architecture préalable d'intelligibilité qui oriente le regard.

  2. 2.

    Anomalie : La détection d'une rupture de symétrie ou d'un fait paradoxal.

  3. 3.

    Concentration : La formalisation de la Question qui force l'esprit à reconnaître l'insuffisance des outils disponibles.

  4. 4.

    Hypothèse (hyppo-thésis) : La Majeure rationnelle préexistante, l'interprétation mentale anticipée.

  5. 5.

    Thésis : L'acte rigoureux de soutenir et d'établir l'hypothèse par une chaîne de nécessité démonstrative.

  6. 6.

    Expérantia : L'épreuve contrôlée, placée au milieu du processus pour éprouver la cohérence de la thésis.

  7. 7.

    Validation : La réintégration néguentropique dans une architecture cohérente.

Ce Canon ne décrit pas la science depuis l'extérieur ; il fournit au chercheur — quelle que soit sa discipline — un Organon de réintégration lui permettant de remonter activement de ses anomalies vers les principes qui les rendent possibles.

Appel à l'épreuve

« La Science Métamoderne ne demande aucune adhésion préalable. Elle invite à une enquête. Elle ne sollicite pas une croyance. Elle propose une méthode.
Ce travail ne demande pas à être accepté sur autorité. Il demande à être éprouvé. »